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  • Pascal Cauchy

Une bonne analyse des risques prévient bien des maux…

(L'environnement des produits pour enfants)


Cet article n’est pas une énième chronique sur le corona virus, le covid-19, mais cela aurait pu être le cas, puisque l’analyse des risques a surtout pour vocation la prévention, et que la situation de nombreuses entreprises révèle souvent d’un manque de préparation à tous les niveaux (et pas uniquement du fait des entreprises, qui sont partie intégrante d’un éco-système ayant son rôle à jouer).

L’analyse de risques, donc, est un outil (ou une méthode) apportant une forte valeur ajoutée dans plusieurs situations.


Analyse des risques industriels

J’ai brièvement évoqué en introduction le cas de la prévention « macro », ou avec beaucoup de prise de hauteur, donc le but est d’imaginer, anticiper, prévoir et préparer les risques industriels. On parle de Plan de Prévention des Risques, et ceux-ci peuvent être internes (incendie, vol, perte de données, grève, …) ou externes (crise sanitaire, banqueroute d’un fournisseur ou d’un client majeur, effondrement de la bourse, risques naturels, …). Ce type de risques est souvent piloté par la direction ou par la finance, éventuellement par l’équipe Qualité, voire par un pilote dédié dans les grosses compagnies. Il pourra être traité (anticipé) via un bon manuel de gestion de crise, accompagné d’un plan de secours (« Disaster Recovery Plan » ou plan de rétablissement en français).



Analyse des risques processus

L’analyse de risque est également maintenant prise en compte dans la norme ISO, au travers par exemple du fameux outil « nœud-papillon » (Bow Tie), et dans l’optique de maitriser les risques processus. Je ne vais pas m'attarder sur cet aspet, qui pourrait faire l'objet d'un autre texte, mais la bonne nouvelle est que cette approche pourrait être utilisée pour n'importe quel type de risque, dans façon d'être représentée.



Analyse des risques produits

Le propos qui m’intéresse le plus ici, et qui est lié à la thématique générale des produits destinés aux enfants, est l’analyse des risques produits. Elle peut être pratiquée à 2 moments particuliers dans le cycle de vie d’un produit. En cas de crise produits justement, comme une investigation de l’administration ou une plainte consommateur à la suite d’un accident, il est nécessaire de « refaire le tour » du produit pour identifier précisément, comme pour une AMDEC, le risque en question (un retour marché sera ciblé sur un risque en particulier), sa probabilité d’apparition et sa criticité. L’objectif dans un tel cas sera une aide à la décision, afin de déterminer s’il convient de bloquer la production, les stocks, les ventes, voire rappeler le produit des points de vente.


Risque sur un lit bébé

Idéalement, cette analyse de risque, dans sa version « complète » (balayage de tous les risques possibles), aura lieu en phase de développement, avant d’investir les grosses sommes liées à la conception (en particulier les outillages). Plus un risque est identifié tardivement, plus le coût associé s’envole, pas de surprise.


Et voilà, nous y sommes, qu’est-ce qu’une bonne analyse des risques ?

La méthode: grands principes

Il faut savoir déjà que des documents existent pour supporter l’analyse des risques (CEN/TR 13387), et en particulier quels sont les risques à couvrir (mécaniques, chimiques, thermiques, …). Également, certains produits dont les jouets se voient imposer par une directive Européenne (2009/48/CE) une analyse des risques avant mise sur le marché, analyse qui doit être documentée et réalisée dans les règles de l’art, et aussi pouvoir être communiquée à l’administration en cas d’enquête ou action légale.


Les étapes de l’analyse des risques sont :

  • Description du produit

  • Identifier les risques possibles et les décrire (les Anglo-saxons parlent ici du "Hazard")

  • Identifier précisément l’utilisateur (rappel : L’utilisateur, c’est bébé et non le parent)

  • Identifier les scénarios d’apparition du danger (accessibilité, casse, utilisation …)

  • Déterminer la probabilité d’apparition du danger (P)

  • Déterminer la sévérité du danger (ses conséquences éventuelles pour l’utilisateur) (S)

  • Calculer le niveau de risque (SxP) (les Anglo-saxons parlent ici du "Risk")

  • Déterminer si le risque est « plausible » (Haut / Moyen / Faible)


Une fois ces éléments déterminés, les probabilités d'apparition du danger se combinent, comme le montre l'exemple ci-dessous, et un bon schéma est bien utile.

Exemple de diagramme d'analyse de risques

La dernière étape, lorsque les risques et leur criticité sont établis, est de prioriser les actions à mettre en oeuvre sur le produit.


Concernant la façon de mener cette analyse, certaines conditions préalables sont importantes. Je recommande la bonne vieille "formule" Qualité de base - QQOQCP (Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Pourquoi) – pour ne rien oublier, et les points importants ici sont donc :

  • L’équipe à constituer (Qui)

  • Le lieu de l’analyse (– besoin de tranquillité et de recul)

  • Le matériel nécessaire qui sera utilisé (Quoi – Matériel de tests mais aussi documentation anthropométrique, historique des accidents, bases de données, …)

  • La méthode décrite plus haut (Comment – méthode à préciser bien sur)

  • Le Quand et le Pourquoi sont clairs (j’espère)


On peut développer ce sujet sur de nombreuses pages, tant il est important et tant la façon de faire, le timing, les experts mis en actions, … sont des paramètres majeurs à prendre en compte. Peu d’entreprises le font et le font bien. S’entourer des bonnes personnes, prendre des conseils, faire appel au bon laboratoire, … autant de pistes à considérer.


En conclusion…

Cet article n’a pas de vocation à être un "cours" sur l’analyse des risques, ni à être totalement exhaustif. C’est un éclairage qui rappelle quelques notions importantes. Je rappelle que les produits pour enfants sont sensibles car générateurs d’émotions. Une crise produit générée par un accident ayant entrainé la blessure d’un enfant abimera l’image même de la société et mettra à mal sa pérennité sur le marché.


Gardons également en tête que la meilleure prévention des risques produits, c'est de garantir que vos produits sont conformes et sûrs, et donc qu'ils respectent en tout point les exigences de sécurité listées dans la norme / réglementation associée, en accord avec la directive européenne sur la sécurité générale des produits (2001/95/EC).


GPS Qualité est là pour vous guider, pour vous aider à éviter les mauvais embranchements et finalement pour vous accompagner jusqu’à la bonne destination, des consommateurs satisfaits.


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